Surfaces picturales

Mourad Messoubeur

Le matériau de prédilection de Mourad Messoubeur est la matière vivante.
Ses œuvres n’ont pas d’échelle, elles évoquent l’infiniment grand par l’infiniment petit dans un rapport géographique à la matière. Géographique parce que l’on croit parfois reconnaitre des cartes topographiques vues du ciel mais aussi parce que le résultat varie en fonction de la température et de l’hygrométrie du lieu et du moment.
La lente transformation s’opère au gré de ces paramètres qui jouent le rôle de révélateurs, comme une photographie au sortir du bain de développement.
Les surfaces mises en décomposition deviennent des cultures, envahissent le support et évoluent en colonies filamenteuses et poilues.
Les surfaces à l’air libre s’assèchent en monochromes évanescents et rappellent atmosphère et autres cumulus.
Quand la terre concrète s’oppose à l’air immatériel, dans une même œuvre, on atteint une sorte de poésie des éléments.
Après avoir renoncé à la peinture il y a une vingtaine d’années, cette exposition, première de l’artiste à la galerie Artaé, semble incarner un tournant dans la démarche de l’artiste. Nous assistons ici à un retour au pictural, avec notamment la présence de dessins de nuages, sorte de morceaux de bravoure d’un artiste longtemps connu uniquement pour ses révélations microbiennes.
Le ciel et l’atmosphère servant alors de fil conducteur aux différentes œuvres.
Le travail de Mourad Messoubeur semble trouver un nouvel équilibre, entre mise en valeur des éléments et nouvelle picturalité.

Exposition du 25 mars au 23 avril 2011