Né en 1979 (GB)
Vit et travaille à Lyon (69)
Expositions
2010 : Art au Carré, Lyon, France
2009 :
App'Art, Grenoble, France
Galerie Yvon Lambert, Expo vente au profit de l'AIDES, Paris, France
Collectif Reservoir "Etat des Lieux", La MAPRA, Lyon, France
6é Salon des artistes européen, Lyon, France
Un Certain Détachement, Grenoble, France
2008 :
Galerie Ahtzic Sillis, Lyon, France
5é Salon des artistes européen, Lyon, France
Un Certain Détachement, Grenoble, France
Formation
2004 : BA Fine Art, Sir John Cass School of Art, London, England
Le trait semble être une des préoccupations majeures de Jez Heath, son fil –encore un trait- conducteur…
Artiste anglais, il déploie toute son ingéniosité, sa sensibilité et son humour pour nous démontrer que le trait, geste simple et primaire s’il en est, n’a pas de limites.
Incisé dans les cavernes par les premiers hommes préhistoriques, utilisé par Dibutade, selon le récit de Pline l’Ancien, pour fixer l’ombre du visage de son bien aimé avant son départ, le trait est un outil fondateur, presque l’élément de toute chose, qui donne naissance à un monde, à une trace, au souvenir.
Jez Heath fait notamment émerger ce trait du formica abandonné, meuble ayant eu ses instants de gloire dans un intérieur quelconque. Les mêmes meubles récupérés sont alors dépecés, réassemblés en une surface plane et l’image de sa gloire triomphante est redessinée, tracée, gravée en profondeur, comme marquée au fer rouge, dans un acte patient et délicat de la part de l’artiste.
Le trait nait aussi du béton, comme une ligne de séparation, une apparition mystérieuse dans la masse dessinant les contours d’un mobilier industriel tel que grue ou château d’eau.
Encore, Jez Heath donne naissance au trait grâce à la poussière, cette dernière venant contrebalancer avec légèreté l’acte fondateur que représente le plan d’architecte ou d’urbanisme. Une sorte de disparition avant l’apparition. Le trait incarne ici l’opposition au pérenne comme si notre société n’était qu’une archéologie d’elle même.
Dans cette même veine, Jez Heath s’intéresse au trait menaçant qu’est la fissure ; cauchemar de l’architecte, rendant visible une menace mais aussi un état d’aggravation, l’artiste se propose d’en faire des moulages comme s’il s’agissait d’une trace archéologique précieuse vouée à la disparition du fait de notre monde trop pressé de remettre en ordre. De ces traits de rebus éphémères, Heath échafaude à la manière d’un jeu d’enfant célèbre qui utilise des briquettes de bois, pour construire une « crack house » jeu de l’esprit tout anglais puisque crack signifie tout à la fois fissure mais aussi la fameuse drogue qui se renifle d’un trait, lui aussi…
Le trait tout à la fois construction et menace, apparition et disparition, l’équilibre et l’instable, voilà le trait de génie de Jez Heath.